19.09.2007

Les chantiers sociaux du Président de la République

Pour le dire en peu de mots, on ne peut que louer l'énergie de Nicolas Sarkozy et le calendrier extrêmement serré qu'il propose pour les grands chantiers sociaux (vous allez voir que la gauche et les syndicats vont parler de "précipitation" !). Ca nous change de super-menteur !

Les syndicats, qui ne représentent plus rien, vont bon gré mal gré se mettre au travail, sous la menace à peine voilée d'ouvrir la boîte de pandore de leur représentativité (Sarko a raison, on pourra toujours faire cela quand les réformes auront été engagées, ah, ah !).

Un regret : que l'enterrement des 35h ne se fasse pas en plus grande pompe. Mais bon, inutile de donner à la gauche des raisons de sortir de sa léthargie : un petit détricotage en catimini aura surement, in fine, plus d'efficacité sur cette interdiction de travailler librement. 

Retraites : je ne suis pas sûr que la fin annoncée des régimes spéciaux signifie pour autant alignement des cotisations et du mode de calcul entre le public et le privé. (Sachant, évidemment, qu'il est impossible de tirer les retraites du privé vers le mode de calcul du public, tout le monde comprend qu'il faudrait descendre les retraites du public vers le mode de calcul du privé. Et c'est périlleux pour le gouvernement et douloureux pour le salarié : calculer les retraites sur les 6 derniers mois d'activité professionnelle ou les 25 dernières années, ça vous fait des écarts du simple au double pour le même salaire. Merci Balladur...)

Contrat de travail : les syndicats vont devoir accepter que le CDI à vie ne peut plus être la règle générale. Changer d'entreprise (volontairement ou non) est désormais la règle. En France, une entreprise ne cherche à embaucher qu'en dernier recours, après avoir épuisé toutes les autres possibilités (CDD, Intérim, stages, sous-traitance, réorganisation interne,...) car embaucher veut dire lourdeur de gestion administrative d'un salarié et mise en danger de l'entreprise à l'heure ou il faudra réduire la voilure.
De son côté, et on l'avait vu avec le CNE, c'est souvent le salarié qui est demandeur d'un mode de départ simplifié. Mais aujourd'hui ça n'existe pas (combien d'entreprises anti-datent avec l'accord de leur salarié toute une procédure de licenciement pour faute. Absurde !)

Il y a longtemps que les syndicats auraient d'ailleurs dû se focaliser sur ces "périodes de transition" qui sont rellement anxiogènes : un syndicat qui vont aide à trouver du travail et affronter un temps de chômage comme un sas entre deux jobs, c'est un syndicat que vous aimez, auquel vous acceptez d'adhérer. Un syndicat comme recyclage de vieilles lunes d'inspiration marxistes et professionnel de la manif EDF-SNCF-LA POSTE-RATP, non merci. 

Ceci étant dit, Sarko mets les formes pour que les syndicats ne perdent pas la face, ce qui est aujourd'hui l'essentiel de toute ces réformes, l'objectif à atteindre étant lui parfaitement connu. Et ça, c'est l'art de la bonne politique.

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