13.12.2008
Travail dominical : illustration par l'exemple
Petite illustration de la "liberté" et de l'engouement des salariés quant au travail dominical : ce matin, chez Jardiland (à La Teste de Buch), je demande en caisse aux hôtesses si elles sont aussi ouvertes demain dimanche.
Réponse : "oui, mais croyez-bien qu'on s'en passerait. Ca ne nous fait pas plaisir du tout."
Et pourtant leur temps de repos et leur salaire est majoré à cette occasion. La réponse a pourtant fusée, limpide, claire, explicite. Sauf pour certains députés de l'UMP.
21:55 Publié dans la société française | Lien permanent | Commentaires (1)



Commentaires
A l'occasion d'une visite dominicale dans ce même magasin, j'ai reçu une réponse bien différente d'une caissière sans avoir d'ailleurs demande quoi que ce soit.
Elle m'a dit préférer travailler le dimanche et bénéficier d'un jour de récupération supplémentaire dans la semaine.
Deux approches bien opposées n'est ce pas?
Offrir le choix et laisser le travail dominical a ceux pour lesquels ce jour de la semaine ne représente pas un obstacle personnel, coutumier ou religieux.
Que pensez vous de cette approche?
[Webmestre : une réponse un peu tardive en raison de la trêve des confiseurs.
Vous avez raison de l'illustrer par votre contre-exemple : on peut cumuler les témoignages de personnes pour et contre le travail dominical à l'infini sans pouvoir en tirer de conclusion.
Deux remarques simplement. Premièrement, on imagine sans peine ce que donnera le 'volontariat' pour les personnes qui seront embauchées après la promulgation de la loi. Lors de l'entretien d'embauche, le drh rappellera simplement que "L'entreprise est ouverte le dimanche et qu'il faut des volontaires" ne laissant pas réellement de perspectives d'embauche à celui qui répondrait "pas question". L'idée du travail dominical 'volontaire' me semble être un leurre.
Deuxièmement, il nous semble au MPF que la politique est précisément l'art de faire des choix pour la société et que faire le choix - comme le fait l'UMP actuellement - d'une société de consommateurs avant tout est mauvais pour la société française. Nous souhaitons que le dimanche reste un jour chômé (il y a déjà tellement d'exception à cette règle d'ailleurs) pour que les différents 'corps sociaux' et les activités non marchandes (lire, se promener, faire la sieste, recevoir des amis, bricoler, courir,... bref, prendre du temps) puissent exister et se développer hors du cadre économique ; nous entendons par 'corps sociaux' les différents niveaux d'organisation de la société civile, les familles, les amis, les associations, les clubs en tout genre. A la politique la noble tache de signifier par ses choix que l'économie et la consommation ne sont pas la clé de voute de la société, son veau d'or.
J'ai en tête une illustration un peu ancienne de cette situation. Le curé d'Ars (il y a 150 ans), dans les Dombes, milita auprès des fermiers pour qu'ils chôment le dimanche (pour des raisons religieuses évidemment, mais aussi pour des raisons de 'lien social') et ne fassent pas non plus travailler leurs 'journaliers' (= les paysans sans terre qui s'employaient à la journée). Ces fermiers avaient peur de perde en rendement, les journaliers de perdre de l'argent. Le constat fut rapidement différent : les journaliers étant beaucoup plus détendus et reposés travaillaient mieux les 6 autres jours de la semaines, les fermiers décidèrent de leur verser désormais en 6 jours le salaire qu'ils auraient donner avant en 7 jours. tout le monde y trouva son compte.
L'histoire est ancienne mais la leçon est d'actualité : conserver un jour de repos de façon contrainte et forcée n'est pas forcément néfaste à la société, bien au contraire.
Bien à vous.]
Ecrit par : A | 23.12.2008
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