29.01.2009
Aujourd'hui, grêve de nantis
Aujourd'hui, nous allons marcher sur la tête (et marcher tout court pour les urbains des grandes villes privées de... service public).
En effet nous allons voir défiler tous ceux qui ne sont pas touchés par la crise, voire même qui vont en profiter. Ben oui, baisse des prix, baisse des taux, baisse du prix de l'immobilier,...
J'ai cité les fonctionnaires dont l'entreprise n'est nullement menacée par la crise.
Il vont gueuler pour la défense du service public, contre le paquet fiscal (si, si, ils vont le ressortir, c'est sûr, même si ça date !), contre la perte de pouvoir d'achat, contre les licenciements, et patin-couffin. Enfin bref, la ritournelle normale. Demain soir, ne regardez pas le 20h, allez plutôt fouiller dans les archives de l'INA : les vidéo des manif y sont déjà.
Et puis ça va permettre aux syndicats de compter leurs ouailles, un peu comme une mère poule ou monsieur le curé après la communion en nettoyant son calice.
C'est important pour les syndicats de compter leurs ouailles : ça fixe les règles de négociation avec le gouvernement.
A 100.000 manifestants, tu peux faire le coq. En dessous, c'est mort pour ce mouvement social. Au dessus de 300.000, tu peux tenter de reprogrammer une seconde manif' dans la foulée, histoire de garder la main. Comme au poker en fait.
Et si en plus tu as plus de 2000 lycéens d'Ile-de-france sur les rangs, là tu peux faire banco : tu as 3 mois de manif pour faire mumuse avec la France et obtenir de magnifiques concessions dans les prochaines négo salariales.
Entre temps, tu lances un appel à un "Grenelle de n'importe quoi". Ça plaît aux journalistes, ça fait mec qui a de l'expérience et qui n'a pas peur d'assumer ses responsabilités devant la France. Roulement de tambour. C'est beau, j'en chialerai presque.
Pendant ce temps là, ceux qui sont vraiment menacés par la crise, ceux-à vont devoir redoubler d'effort. Tous ceux pour qui il faut trouver coûte que coûte un financement avant le 31 janvier pour payer les salaires. Ou décrocher une commande qui évitera la faillite. Ou se lever encore plus tôt pour aller ouvrir le magasin, ou faire 50 bornes de plus pour faire un chantier qui va compenser en partie ceux qu'on a perdu.
Allez, les nantis, défilez. Nous, on ne vous regarde plus depuis longtemps.
(PS : Ami fonctionnaire qui ne manifeste pas, que nous nous comprenions bien. Je ne tape pas du tout contre les fonctionnaires ou la fonction publique. Je tape contre les professionnels de la manif', les rois de la pétition syndicale, les princes de la récrimination perpétuelle. Tu les connais mieux que moi puisque tu les supportes tous les jours au travail. Sauf quand il manifestent ! Profite-en bien demain.)
07:00 Publié dans La valeur Travail | Lien permanent | Commentaires (1)



Commentaires
Tous les fonctionnaires ne sont pas des nantis. Il y a beaucoup d'anéantis (des victimes de l'oppression du système)
http://scandalposte.centerblog.net/
Ecrit par : memel45 | 21.02.2009
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