09.03.2009

OTAN : la foire aux andouilles

Des hommes politiques s'élèvent contre la pleine réintégration de la France dans l'Otan.

Pour certains, ça se comprend, je pense entre autre à Philippe de Villiers, mais aussi à Jean-Marie Le Pen ou Jacques Myard de l'UMP (mais qu'est-ce qu'il fait là-bas, ce type, à chaque fois que je parle de lui je me le demande ??)

Pour d'autres, c'est beaucoup plus rigolo, car ils sont en même temps de fervent défenseurs du Traité de Lisbonne (l'ex-Constitution européenne), laquelle couche noir sur blanc le fait que la politique militaire et diplomatique de l'Europe est conforme à la politique militaire et diplômatique de l'OTAN.

Qui dit être "conforme" en matière militaire, dit ipso facto "intégré". Donc une intégration pleine et entière ne devrait pas les effrayer plus que ça.

Ceci nous révèle tout simplement que la plupart de ces politicards sont sur des postures et non sur des opinions réelles et des convictions  fortes. Des marionettes, quoi.

Parmi ces opposants au retour intégral de la France dans l'OTAN :

  • Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale.
  • Jean-Pierre Grand, ancien ministre de Dominique de Villepin.
  • Et bien sûr l'inénarrable François Bayrou, conseiller municipal d'opposition dans une petite ville du Sud-Ouest.

Ceci dit, pouquoi diantre réintégrer intégralement le commandement OTAN ?? J'y vois trois raisons.

1ère raison : le tropisme "altantiste" de Nicolas Sarkozy. Il n'en fait pas mystère. Quitte à se mettre la Russie à dos, ce qui est loin d'être intelligent d'un point de vue géo-stratégique.

2nde raison : c'est une carotte pour nos généraux et amiraux. Hors OTAN, ils sont limités dans leur carrière militaire internationale, lors d'opérations internationales. Le général Valentin, un de ceux qui sont allés le plus loin dans des commandements internationaux le dit sans détour dans sa biographie rédigée par la journaliste Emmanuelle Dancourt (KTO, France 3). Sarko bousille l'armée de demain mais ménage les carrières de ses chefs actuels.

3ème raison : l'état de dépendance financière de la France ne lui permet plus d'être autonome dans beaucoup de domaines, et particulièrement en matières militaires. C'est aussi ça la souveraineté, et on l'a progressivement perdue, en même temps que nos comptes publics se dégradaient. Le chemin inverse serait aujourd'hui long et douloureux, aucun homme politique à l'UMP ou au PS n'acceptera jamais d'en payer le prix d'une carrière personnelle ruinée.

Les commentaires sont fermés.