10.04.2009

Séquestration de dirigeants : INADMISSIBLE

Les syndicalistes, toujours si prompt à exiger plus de "Dialogue social", où sont-ils ?

On les entend bien peu protester contre ces séquestrations absolument injustifiables de dirigeants d'entreprises.

J'entendais hier à la radio le témoignage d'une épouse de cadre dirigeant séquestré : "on" les a empêché de dormir en les réveillant toutes les 20 minutes pendant la nuit en tapant contre les portes et les murs, "on" les a privé de nourriture, et "on" s'est amusé à leur dire qu' "on" s'occupait de leur femme et de leurs enfants, poussant la torture psychologique jusqu'à les priver de téléphone portable grâce auquel jusque là ils avait pu échanger avec leurs proches quelques sms rassurants. Qui "on" ? Des salariés qui oublient un peu vite qu'ils étaient d'accord lorsqu'ils ont signé leur contrat de travail pour effectuer tel travail contre tel salaire. Sans qu'il soit fait mention d'un travail à vie.

Il est absolument scandaleux qu'on trouve la moindre parcelle d'excuse à des salariés qui se font justice eux-mêmes. Parce que le conflit est grave, il est permis de se faire justice soi-même, de prendre des personnes en otage ?

Mais alors qui peut dire à partir de quand un conflit est grave et permet des atteintes à la liberté individuelle ? Mon conflit de voisinage avec ma voisine qui ne taille pas sa haie de mon côté, est-ce un conflit grave qui me permet de la séquestrer chez elle jusqu'à ce qu'elle cède à ma pression ? Évidemment non mais si je décide, de ma propre autorité, que "évidemment si" ?

Rappelons quand-même en ces temps économiquement difficiles qu'on n'épouse pas son entreprise pour la vie.
L'entreprise embauche un salarié parce qu'elle a du travail à lui fournir, contre un salaire, et qu'elle pense gagner plus qu'elle ne va rémunérer ce salarié.
C'est peut-être basique économiquement et scandaleux pour certains mais c'est la base de l'économie marchande.

A cet accord "travail contre salaire", l'Etat a ajouté des règles : droit syndical, sécurité, cotisation chômage, cotisations retraites, comité d'entreprises, etc... qui apportent un bien-être supplémentaire aux salariés.

Rappelons à ce titre que les entreprises cotisent mois après moins aux caisses d'allocations chômage, et pour des montants pas si négligeables que cela. Cet impôt permet aux entreprises de financer le chômage de leurs salariés - de façon mutualisée - quand l'une d'entre-elles est en difficultés et ne peut plus payer tel ou tel salarié et est obligée de s'en séparer.

Par ailleurs, il serait temps d'affirmer haut et fort qu'une entreprise dont le carnet de commande a fondu de 40 ou 70% a le devoir - je dis bien le devoir - de se restructurer rapidement afin de survivre. Et pour appeler un chat un chat, tailler dans les dépenses, quitte à se séparer de certains salariés, pour que les autres conservent leur emploi. A défaut, c'est l'entreprise entière qui risque de couler.

(Notons à ce passage qu'il fut de la part des syndicats et des partis de gauche d'une imbécilité crasse de hurler contre Michelin quand cette société procédait à des restructurations en "période de vaches grasses", alors que c'est le moment idéal pour s'adapter en offrant à tous ceux qui étaient appelés à quitter la société les meilleurs conditions de départ et de reclassement.)

Les commentaires sont fermés.