13.07.2009

Patrick Louis : "Quand le G8 s'acharne !"

Le G8 a parlé : il faut « résister au protectionnisme ». La nouvelle est grave, lourde de conséquences, elle n’est pourtant que discrètement relayée ici ou là.

Alors que les medias soulignent le manque d’ambition de ce sommet international, d’aucun remarque l’appel à « résister au protectionnisme » et l’encouragement fait à « l’ouverture des marchés » lancés par nos grands dirigeants. Personne, non plus, ne s’alarme sur leur ferme volonté de conclure les négociations de Doha sur la libéralisation du commerce mondial pour 2010.

Nos grands dirigeants savent-ils que nous sommes en crise ? L’urgence de la régulation de cet ultra-libéralisme sauvage leur échappe. Pourquoi annoncer une taxe carbonne qui participe à cet esprit et vise à lutter contre le dumping anti écologique et en même temps refuser le rééquilibrage des conditions de la concurrence du fait des dumping sociaux et fiscaux ?

Gardons à l’esprit, comme l’affirment les économistes, que seul, un protectionnisme équitable, juste, est la solution pour endiguer la crise. L’instauration de droits compensateurs aux frontières de zones économiquement homogènes permettrait d’atténuer le dumping social et écologique des autres pays. Seule, aujourd’hui, la préférence communautaire européenne freinera la fuite des industries et protégera nos emplois.

Or, ces solutions de bon sens sont toujours proscrites par les traités européens. Le refus du bon sens ne présage rien de bon pour nos économies déjà si ouvertes et si moribondes. Les issues de la crise sont discrètement bouchées par ceux-là mêmes qui clament haut et fort qu’ils font tout pour la résorber.

Le MPF demande à ce que la préférence communautaire européenne soit instaurée sans délai. Pourquoi Nicolas Sarkozy, qui assure aux français, dans un premier temps, qu’il met tout en œuvre face à la crise, se joint, par la suite, aux grands de ce monde pour renforcer l’impasse du libre-échangisme ?

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