01.09.2009
Etranges français
Étranges français...
L'UMP, par la voix de son très charismatique président Xavier Bertrand, vient d'annoncer que les ministres qui seraient élus aux prochaines élections régionales devraient choisir entre leur ministère et leur présidence régionale.
Et les médias reprennent l'info en coeur.
Et les français entendent cela sans broncher.
Alors qu'il y a tout juste cinq mois, l'UMP avait fait la même promesse juste avant les élections européennes. Certains ministres sur la sellette avaient été obligés de se démettre, principalement Madame Dati. D'autres, par exemple Brice Hortefeux, ont pu ne pas respecter la règle.
Et ce scénario se reproduira aux régionales : l'exécutif fera deux poids deux mesures vis à vis de ses ministres selon qu'ils seront puissants ou misérables.
Notez bien qu'ils auraient tord de se priver : les électeurs UMP sont, globalement, de gentils bisounours : toujours contents. L'UMP a beau trahir promesse sur promesse et surtout renier ce qui devrait caractériser la "droite", ils votent, bon an mal an, pour l'UMP. Quand on a un tel troupeau servile, il faut s'en servir, c'est ce que fait l'UMP, et dans les grandes largeurs.
Le problème de l'UMP n'est d'ailleurs pas temps d'avoir des convictions politiques et de les mettre en oeuvre que de garder (ou reconquérir, pour les Régionales) le pouvoir. Ainsi, plutôt que de créer des éléments propres à différencier l'UMP des autres partis, tout le travail consiste à prendre dans les autres partis ce qui permettra d'être réélu. Peu les chaut le bénéfice que la France en retire, ceci n'est ni leur souhait, ni même dans leur capacité de réflexion.
Prenons un exemple récent : le droit de vote aux immigrés. L'UMP n'a pas en la matière de conviction. Ou plutôt, n'a plus. Car fut un temps, elle était contre. C'était le temps des convictions. Aujourd'hui, l'heure est à l'efficacité (pour
l'UMP et la conquête du pouvoir s'entend, pas pour la France. CQFD), donc l'UMP va chercher cette idée à gauche et la reprend à son compte, histoire de prendre des voix sur sa gauche. Et le pire, c'est que ça marche : d'un reniement à l'autre, d'une idée piquée à droite en idée piquée à gauche, ils gagnent les élections ! Et haut la main qui plus est.
La faute à qui ? Et bien si l'on peut reprocher à l'UMP son manque de conviction et sa mise sous conditions d'efficacité électorale de tout projet, la plus grande faute revient aux français, qui semblent finalement totalement anesthésiés et être devenus incapables de se révolter, de se dresser contre le parjure.
On en viendrait à souhaiter que la gauche retrouve idées et leader pour être ainsi en mesure de gagner réellement des élections : cela aurait au moins l'avantage de contraindre l'UMP à dire haut et fort ses choix, ses idées, ses différences. En lieu de quoi, la gauche patine (peut être moins hier qu'aujourd'hui, c'est du moins ce qu'on nous dit mais je n'en suis pas réellement convaincu à vrai dire. Et le chemin de la victoire est encore loin.)
Nous avons donc au MPF encore de beaux jours devant nous pour défendre nos idées. Notre difficulté à nous, c'est d'exister, coincés entre une liberté de ton et d'action sanctionnée par des échecs électoraux importants et la non participation aux organes du pouvoir, et le rapprochement avec l'UMP, parti voisin mais omnipotent et plus enclin à phagocyter ses alliés qu'à leur faire une belle place autour de la table du pouvoir.
Cruel dilemme.
09:24 Publié dans UMP - RPR | Lien permanent | Commentaires (0)



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