03.09.2009

Immigrés en situation irrégulière : le pipeautage des chiffres

Le Ministre de l'Immigration annonce 17.350 reconductions à la frontières d'étrangers en situation irrégulière depuis le 1er janvier.

J'aimerai moi, qu'il parle en pourcentage aussi : partant du principe que 100% des personnes en situation irrégulière ont pour vocation, soit à régulariser leur situation, soit à quitter le territoire, j'aimerai savoir quel pourcentage de personnes en situation irrégulière a été reconduit à la frontière et quel pourcentage a été régularisé.

Ne riez pas, je suis sérieux. On pourrait juger ainsi, sur les base de ces deux pourcentages, au fils des années, des choix gouvernementaux, voire de leur respect des promesses de campagne.

Candidat A : "Nous régulariserons massivement". Et 1 an après il nous annonce que 95% des étrangers ont été régularisés. Bravo, il fait ce qu'il avait dit (Et oui, on en est là avec les hommes politiques français UMP et PS qui altèrenent depuis 30 ans : à se réjouir quand ils tiennent leurs promesses. Triste constat.)

Candidat B : "Avec nous, ça va barder pour les clandestins." Et 1 an après il annonce 20% de reconduite à la frontière, 10% de régul et 70% de ... rien, disparus dans la nature. Bouh, ouh, virons les, diriez vous immédiatement, non  ?

Vous allez me dire, pour faire des pourcentages, il faudrait connaître le chiffre des étangers en situation irrégulière, chiffre par nature invérifiable (ils sont quand même pas stupides les étangers...). Alors il faudrait se baser sur  des estimations. Disons 100.000 nouveaux "clandestins" par an, ce chiffre est l'ordre de grandeur donné par les observatoires, type Insee.

17.350 de 100.000, ça ne fait que 17,35%, c'est pas énorme. Que sont devenus les 82,65% restants ? Et bien je vais vous le dire, ils s'additionnent aux 73% de l'année précédente, et aux XXX% des années précédentes, etc...

Mais alors, ça fait du monde ?

Oui, plutôt pas mal.

Bref, vous l'aurez compris, créer un Ministère de l'immigration, c'est déjà audacieux, nous approuvons. Le confier à un ancien socialiste, là, c'est cruel (pour le dit socialiste) et jouissif (pour Sarkozy). Se satisfaire de 25 mille expulsions par an, là, ça ne va pas.

La dignité de tout homme, c'est de pouvoir vivre librement chez lui : le 1er devoir de la France, ce n'est pas d'accueillir les immigrés, voire de piller les pays pauvres (pays africains principalement) de leur jeunesse dynamique et de leurs élites, c'est de leur permettre d'accéder à cette dignité.

Le devoir d'un Etat, c'est de respecter les lois qu'il édicte. Si l'Etat français dit "vous n'avez pas le droit de demeurer en France, retourner chez vous", l'Etat doit raccompagner ces personnes là chez elles.

Laissez les "sans papiers" sans papier, c'est le pire que l'on puisse faire pour la dignité humaine. C'est pourtant ce que l'on fait, et par les grandes largeurs. Merci aux électeurs de l'UMP de contribuer à ce déni d'humanité.

Olivier Arcachon, le webmestre.

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